Sécurité

Homejacking : un phénomène ancien, des risques contemporains

3min de lecture

Une personne essaie d'entrer par effraction

Le homejacking n'est pas un phénomène nouveau, mais ses formes contemporaines inquiètent. Jadis limité aux cambriolages en présence de victimes, il touche désormais dirigeants, entrepreneurs et influenceurs. Comprendre l'évolution de cette menace, ses modes opératoires et les leviers de protection devient essentiel pour anticiper les risques.

Une alerte mal interprétée

Les récents cas médiatisés d'attaques, d'enlèvements et de tentatives de chantage ayant touché l'univers des crypto-actifs sont l'arbre qui cache la forêt. Ils ne doivent pas faire oublier quelques évidences fondamentales.

Un phénomène ancien, aux racines bien documentées

La première de ces évidences est que le phénomène de homejacking n'a rien de nouveau. Popularisé en 2001 par le film Bandits, le terme désignait à l'origine une technique visant à kidnapper un dirigeant de banque à son domicile pour le contraindre à ouvrir son établissement, parfois sous la menace directe exercée sur sa famille. Depuis, le homejacking a évolué. Il s'agit désormais, par extension, de toute intrusion ciblée à domicile, souvent liée à la contrainte physique d'une personne. Ces dernières années, des scénarios variés ont émergé : vol de véhicule à l'arrivée au domicile, forçage du code bancaire, cambriolage en présence de la victime, ouverture de coffre-fort.

Du domicile à la sphère médiatique : la nouvelle exposition des cibles

Le terme a ainsi été élargi pour englober toute forme de cambriolage opéré en présence de la victime. L'affaire Kim Kardashian à Paris en 2016 en est un exemple emblématique. Ce qui a frappé, au-delà du statut de la cible, c'est le fait que l'opération ait été menée en présence de témoins, ce qui reste exceptionnel. Dans la plupart des cas, les agresseurs attendent que la victime soit absente — facilitée par des signaux numériques publics, tels que les publications sur les réseaux sociaux.

Les nouvelles cibles : dirigeants, tech, influenceurs

Le dernier avatar du homejacking, celui qui fait les gros titres, est plus inquiétant encore : il ne s'agit plus seulement de vols opportunistes ou de cambriolages improvisés, mais de véritables opérations de pression. Enlèvements de dirigeants supposés fortunés pour faire pression sur leurs familles… ou l'inverse. Si le monde de la tech semble en première ligne, la réalité est plus vaste. Dirigeants de PME, cadres de la finance, professions exposées : les cas se multiplient dans tous les secteurs.

Les services d'élite sollicités… au-delà de leur mission

Face à ces évolutions, les unités d'élite de la gendarmerie et de la police nationale (GIGN, RAID, BRI…) ont été déterminantes dans certaines affaires récentes. Leurs succès, salués à juste titre, ont eu un effet collatéral : une explosion des sollicitations par des profils qui se sentent, à raison, menacés et vulnérables. Or, aussi compétents soient ces services, ils ne sont ni équipés ni mandatés pour une fonction de protection préventive élargie. Ce n'est pas leur vocation.

Le schéma type : repérage fin, exécution fragile.
Ce qui se dégage des dossiers récents, c'est un mode opératoire quasi constant :

  • Une phase de préparation poussée, utilisant des techniques d'intelligence en source ouverte (OSINT) et de veille sur les réseaux sociaux (SOCMINT)
  • Une exécution souvent déléguée à des équipes extérieures, mal encadrées et peu fiables

Cette dichotomie — sophistication en amont, amateurisme sur le terrain — ne durera pas. L'écart va se refermer.

Anticiper, structurer, éclairer : le rôle du privé

La réponse ne peut reposer uniquement sur les forces publiques. Elle suppose une implication claire, coordonnée et méthodique du secteur de la sécurité privée. Cela passe par l'analyse des précédents, la constitution d'outils de prévention, l’accompagnement des dirigeants dans leur exposition quotidienne.

Énoncer, c'est déjà agir

Chez Add Lumen, nous croyons que poser le problème avec clarté, c'est commencer à le résoudre. Nous y reviendrons très prochainement.

Articles similaires